Bali exerce une attraction croissante sur les entrepreneurs étrangers qui souhaitent s’installer en Asie du Sud-Est. Entre un cadre de vie envié, une économie en expansion soutenue et un écosystème de plus en plus ouvert aux affaires internationales, l’île des dieux offre de réelles opportunités. Mais créer une société en Indonésie implique de naviguer dans un cadre juridique précis, avec des règles propres aux étrangers, des visas adaptés à chaque profil et des obligations fiscales à anticiper.
En quelques points
- L’Indonésie propose divers visas adaptés aux nomades numériques, allant du visa touristique court séjour aux visas à entrées multiples pour les séjours fréquents.
- Le KITAS investisseur est le titre de séjour de référence pour les entrepreneurs, conditionné par la détention d’actions dans une société indonésienne avec un investissement minimum de 10 milliards IDR.
- La structure juridique la plus courante pour les étrangers est la PT PMA, qui permet d’employer du personnel, de détenir des licences et nécessite au moins deux actionnaires.
- Le processus de création d’entreprise inclut l’immatriculation, l’obtention d’un numéro d’identification fiscale (NPWP) et exige une adresse commerciale réelle conforme à l’activité exercée.
- Certains secteurs d’activité à Bali sont désormais fermés aux nouveaux investissements étrangers, imposant une vérification préalable des codes autorisés.
- Les obligations financières comprennent un capital social libéré minimum de 2,5 milliards IDR et le respect des taux d’imposition sur les sociétés, fixés à 22 % en règle générale.
- La complexité des démarches administratives et les évolutions fréquentes de la réglementation rendent vivement conseillé le recours à des professionnels locaux pour sécuriser l’implantation.
Sélectionner le bon visa pour s’installer et travailler en Indonésie
Avant même de parler de création d’entreprise, la première question à résoudre est celle du statut légal sur le territoire indonésien. Le type de visa détermine ce que l’on peut faire, et pendant combien de temps. Les autorités indonésiennes proposent plusieurs formules selon la nature du projet et la durée d’installation envisagée.
Les options pour les nomades numériques et travailleurs à distance
Le profil du nomade numérique est aujourd’hui bien identifié par l’Indonésie, qui a progressivement structuré son offre de visas pour attirer les travailleurs à distance. Pour un premier séjour, le visa B1 e-VOA permet une présence initiale de 30 jours sur le territoire, avec la possibilité de prolonger jusqu’à 60 jours, pour un coût à partir de 56 USD. Une alternative prisée est le visa C1 touristique, qui offre un séjour de 60 jours dès l’entrée, prolongeable jusqu’à 180 jours, à partir de 150 USD. Pour les profils qui souhaitent faire des allers-retours réguliers, le visa D1 à entrées multiples autorise des séjours de 60 jours par arrivée, à partir de 279 USD. Ces formules conviennent parfaitement à un travailleur à distance qui teste l’île avant de s’y installer définitivement, sans encore créer de structure juridique locale.
Il convient également de rappeler que tout visiteur entrant à Bali doit s’acquitter d’une taxe touristique de 150 000 IDR et remplir une déclaration numérique dans les 3 jours précédant l’arrivée. Un passeport valable au minimum 6 mois et un billet de retour ou de continuation sont par ailleurs requis.

Le titre de séjour adapté aux investisseurs et entrepreneurs
Pour les investisseurs et entrepreneurs qui souhaitent s’installer durablement, le KITAS investisseur constitue le titre de séjour de référence. Ce permis de séjour temporaire, coûtant environ 7 000 000 IDR par an, est directement lié à la détention d’actions dans une société indonésienne. Pour y prétendre, les actions détenues doivent représenter une valeur d’au moins 10 milliards IDR. C’est donc la structure de la société qui conditionne l’accès à ce statut de résident, ce qui rend la création d’entreprise et l’obtention du visa intimement liées. Il s’agit là d’un point fondamental à comprendre dès le départ, car le visa indonésien pour entrepreneur n’est pas un simple document administratif : il s’inscrit dans une démarche globale d’investissement.
Les étapes clés de la création d’entreprise à Bali
S’engager dans la création d’entreprise en Indonésie requiert de comprendre les structures juridiques disponibles, les formalités à respecter et les spécificités locales qui caractérisent Bali en 2026.
Immatriculation et obtention du numéro d’identification fiscale NPWP
La forme juridique la plus courante pour les étrangers souhaitant créer une société en Indonésie est la PT PMA, une société à responsabilité limitée à capitaux étrangers. Ce cadre permet d’employer des ressortissants étrangers, de détenir des licences d’activité et de structurer un projet entrepreneurial de toute taille. L’immatriculation passe par plusieurs étapes : la rédaction d’un acte notarié, l’approbation par le ministère de la Justice indonésien, puis l’enregistrement auprès de l’administration fiscale. C’est à ce stade qu’intervient l’obtention du NPWP, le numéro d’identification fiscale indispensable pour toute activité légale dans le pays. Ce processus NPWP, couplé aux autres formalités, s’étale généralement sur 2 à 3 mois. L’ouverture d’un compte bancaire professionnel peut quant à elle nécessiter entre 1 et 3 semaines supplémentaires.
La société doit par ailleurs disposer d’une adresse commerciale réelle, adaptée à la nature de son activité. Il ne s’agit pas d’une simple domiciliation formelle : les autorités indonésiennes vérifient la cohérence entre le lieu déclaré et l’activité exercée. Une fois immatriculée, la société a l’obligation de déposer des rapports LKPM chaque trimestre auprès des autorités compétentes, même en l’absence de revenus.

Structure légale et ouverture d’un bureau de représentation
La PT PMA nécessite au minimum 2 actionnaires, 1 administrateur et 1 commissaire aux comptes. Un point souvent méconnu : l’administrateur doit être résident en Indonésie. Il est toutefois possible d’initier la création depuis l’étranger, à condition de prévoir cette contrainte de résidence. Pour les entreprises qui souhaitent tester le marché sans s’engager immédiatement dans une structure complète, l’ouverture d’un bureau de représentation constitue une alternative, bien que ses prérogatives soient plus limitées qu’une PT PMA à part entière.
À Bali spécifiquement, il est important de noter que depuis mai 2026, 18 codes d’activité sont fermés aux nouvelles sociétés étrangères. Parmi les secteurs concernés figurent l’hébergement de petite taille, le conseil en gestion ou encore la location de véhicules. Si le projet envisagé relève de l’un de ces secteurs, des régions comme Lombok ou Jakarta restent accessibles sans ces restrictions.
Obligations financières et démarches pratiques pour s’implanter
Au-delà du cadre juridique, entreprendre à Bali suppose de bien cerner les exigences financières, qu’il s’agisse du capital à mobiliser, de la fiscalité applicable ou du coût de la vie quotidienne.
Comprendre le capital minimum requis et le taux d’imposition du revenu
La création d’une PT PMA implique de mobiliser un capital minimum requis de 2,5 milliards IDR, soit environ 140 000 USD, sous forme de capital libéré. Un plan d’investissement portant sur 10 milliards IDR par activité doit également être présenté. Ces exigences ont évolué récemment : les anciens seuils de 10 milliards IDR pour le capital libéré ne sont plus en vigueur depuis le règlement n° 5 de 2025. Les coûts d’enregistrement, quant à eux, varient entre 1 500 000 IDR et 5 000 000 IDR selon le montant du capital déclaré, tandis que le coût global de création d’une société se situe généralement entre 5 000 et 10 000 dollars.
Du côté de la fiscalité, le taux d’imposition sur les sociétés s’élève à 22 % des bénéfices. Les petites structures dont le chiffre d’affaires reste inférieur à 4,8 milliards de roupies peuvent opter pour un taux réduit de 0,5 %. La TVA applicable en Indonésie est fixée à 11 %. Enfin, les bénéfices distribués aux actionnaires étrangers font l’objet d’une retenue à la source de 20 %, un paramètre à intégrer dans la stratégie financière de la société dès sa conception.

Anticiper le coût de vie et souscrire une assurance santé internationale
S’installer à Bali ne se limite pas aux démarches administratives. Le coût de la vie sur l’île reste globalement accessible, avec un salaire minimum local se situant autour de 2,5 millions de roupies par mois, ce qui illustre l’écart important entre le niveau de vie local et celui auquel les expatriés occidentaux sont habitués. Pour les entrepreneurs étrangers, prévoir une assurance santé internationale est une démarche incontournable. Si elle n’est pas obligatoire pour obtenir certains visas, elle constitue une protection essentielle face aux imprévus médicaux dans un pays où l’accès aux soins de qualité peut représenter un coût significatif pour les étrangers non couverts par le système local.
En somme, lancer son activité en Indonésie depuis Bali est un projet réalisable, à condition d’en comprendre toutes les dimensions : juridiques, fiscales et pratiques. La réglementation de l’investissement étranger évolue régulièrement, ce qui rend indispensable le recours à des professionnels locaux pour sécuriser chaque étape du processus et s’assurer que la structure mise en place est bien conforme au droit indonésien en vigueur.


